Bon, puisque tout le monde y va de sa critique et trouve ce film génial je vais ouvrir ma vilaine petite bouche : je n’ai pas spécialement aimé, j’ai trouvé ça long et pas très novateur.
Je ne suis pas une fan ultime de Nolan. J’ai plus qu’adoré The Dark Knight (il est dans mon top 10 définitivement) mais par exemple Batman begins je m’étais royalement emmerdée toute la première partie (oui la fameuse où Bruce fait du Kung-fu arf). Chose qui s’est reproduite pendant plusieurs séquences d’Inception.
Le rythme : globalement les 2h30 de film passent très lentement. La première partie tient en haleine, on nous donne les règles, les bases, la construction des rêves, l’imbrication, on découvre ça en même temps que le personnage d’Ellen Page, on est curieux. D’autant plus que le personnage malsain de Marion Cotillard fait de brèves apparitions qui ajoutent à l’ambiance étrange. Mais après la première demi-heure on commence à s’embourber. C’est long, puis on descend d’un rêve à l’autre et c’est encore plus looooong, puis encore un niveau au dessous et là on regarde carrément sa montre. Puis après 2h20 de ralenti, de batailles, de gros flingues, il nous torche la fin en 10 minutes chrono.
Le concept : je m’attendais (et toute la promo va dans ce sens) a prendre une méga claque. Tout le monde le comparant au premier Matrix, c’est à dire avoir la sensation d’un avant et d’un après dans notre expérience du cinéma, et le concept ayant vraiment un potentiel de taré (le monde du rêve, quoi de plus large, on peut y faire tout ce qui est imaginable…) et finalement on reste sur sa faim. Le principe de rêve imbriqué, mouais pas mal. La connexion entre les rêveurs : déjà vu (dans Existenz de Cronenberg, film qui a 10 ans !! où le principe de la console mère et des joueurs rattachés était une révolution, là ça sent le réchauffé), le fait d’entrer dans les rêve d’une personne, pure idée, mais ça aurait pu aller tellement plus loin… Quand à l’idée même d’Inception (faire germer une idée) c’est tellement noyé dans le reste que finalement ça passe même un peu à la trappe.

Les effets : là c’est pareil, je m’attendais à ce qu’il un petit quelque chose à la Matrix qui apporte un truc en plus. Finalement on a l’impression que les mecs de la technique ont tous acheté le même plug-in de déconstruction, qu’on s’est déjà mangé dans 3000 courts métrages et jusqu’à overdose dans le film 2012. Les immeubles qui s’effritent dans les films actuels sont les batailles géantes de la trilogie Seigneur des anneaux (qu’on a ensuite vu dans tous les films pendant 3 ans). Super les mecs, on vient d’arriver à faire en 3D une bataille avec un million de guerriers à l’écran ! maintenant faut rentabiliser… Bref. A noter tout de même une jolie vision de Paris retourné sur elle-même.


Les acteurs : j’avoue ce qui rattrape le film. Que des bons ! Même Marion Cotillard joue bien. Et surtout il y a mes chouchous, Cillian Murphy, qui jouait déjà le personnage de l’épouvantail dans Batman begins, avec son visage beau et étrange, et Joseph Gordon-Levitt (qui jouait d’ailleurs avec Heath Ledger dans le teen movie 10 bonnes raisons de te larguer, pas un chef d’oeuvre mais j’avoue j’adore…) et qui m’a tuée dans Mysterious Skin… Sous sa belle gueule, un putain de bon acteur. Et bien sur Dicaprio égal à lui-même.


Alors oui c’est sur, c’est un film qu’il vaut mieux voir au cinéma (déjà ça évitera de faire pause pour aller se chercher des chips quand le rythme commence vraiment à ralentir…) et pour les effets spéciaux. Mais autant j’etais allée voir 2 fois The Dark Knight en salle, et je prends plaisir à le revoir, tout comme le premier Matrix, celui là je ne suis pas vraiment excitée par cette idée.
J’ai lu sur le net que Nolan avait l’envie de faire ce film depuis des années et que ses derniers succès lui ont enfin permis d’avoir le budget pour (et quel budget j’imagine…) et je pense que finalement il s’est perdu dans ses propres envies, et n’est pas resté objectif sur le rendu final. Comme par exemple Toy Story 3, excellent film, parfait du début à la fin, rien à dire. Ils ont du rebosser chaque séquence jusqu’à la perfection et ne pas avoir peur de tailler et de virer ce qui n’etait pas nécessaire, ce que Nolan n’a pas pu faire sur son “bébé”.
Voilà, désolé pour le pavé mais ça fait du bien de pouvoir critiquer quand j’entends à tour de bras Oh j’ai a-do-ré tu devrais trop y aller, c’était tellement génial…